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Satirino records · Bach - Italian Concerto

Concerto Italien BWV 971, Fantaisie & Fugue chromatique BWV 903,
Ouverture à la française BWV 831, Sonate en la mineur d'après Reinken BWV 965

Kenneth Weiss, clavecin


Enregistré à
Cité de la Musique, Salle de l’Amphithéâtre 21-23 XII 2005
Clavecin
Jean-Henri Hemsch, Paris, 1761, collection du Musée de la musique, Paris
Préparation des clavecins et assistance technique
Jean-Claude Battault
Accords
Karoly Mostis - Young [Tartini /Valotti]
Ingénieur du son, direction artistique, montage, mastering
Jiri Heger, Musica Numeris France
Design
le monde est petit
Image
Bellagio and Lake Como, Italy © Klaus Hackenberg - Corbis

Coproduction Cité de la musique, Paris

Cm Logo Paris

Revues de presse 

'Au-delà de sa digitalité sans faille, l’artiste semble ici au sommet de sa maturité, offrant à l’oreille un verbe musical où la flamme rivalise avec la grâce.’
À nous Paris - Coralie Welcome

‘Son interprétation brille par la qualité de sa ligne de chant et la netteté de son architecture’
Le Monde de la Musique - Philippe Venturini

Texte du livret

Curieux de toutes les musiques, Bach n’a pas seulement cherché à les connaître. Il a voulu en pénétrer la pensée, en se les appropriant par la copie et même la transcription. Avec Vivaldi ou Couperin, Haendel, Telemann, Frescobaldi, Pergolèse et tant d’autres, les exemples en sont multiples et bien connus. Moins connu, en revanche, l’adaptation qu’il a faite d’une œuvre de Reinken. Tout jeune, alors qu’il étudiait au gymnasium de Lüneburg, « il partait parfois pour Hambourg afin d’entendre en l’église Sainte-Catherine le célèbre organiste d’alors, Johann Adam Reinken », si l’on en croit son fils cadet, Carl Philipp Emanuel Bach. La musique du patriarche hambourgeois a donc fait partie des premières admirations du jeune musicien, et c’est sans doute dès cette époque qu’il a connu son recueil Hortus musicus, le « Jardin musical », publié dès 1687. Il s’agit d’un ensemble de six sonates en quatuor, pour deux violons, alto et basse continue. Bach les apprécia au point d’en avoir pris des copies, et d’avoir réalisé des transcriptions pour clavecin seul de deux d’entre elles et d’une fugue d’une troisième. Mais comme à son habitude, tout en réduisant le dispositif instrumental au seul clavier, il a enrichi son modèle, ajoutant ici une voix nouvelle, là des développements neufs, et généralement une ornementation absente de l’original : de véritables re-créations. Attitude caractéristique du musicien, alors qu’il adapte la première sonate du recueil pour en faire sa Sonate en la mineur (BWV 965), il en amplifie considérablement la fugue et la gigue, compensant par la densité ce que l’œuvre perdait en diversité de timbres.

La Fantaisie chromatique et fugue occupe une place bien particulière dans l’œuvre de Bach. C’est l’une de ses œuvres les plus audacieuses, au point qu'on a pu l’attribuer à Wilhelm Friedemann. Au fils aîné du musicien était en effet échu le manuscrit de son père ; il le conserva par-devers lui, sans le vendre. Revêtait-il pour lui quelque signification particulière ? Au fil du discours, Bach apparaît en effet en état de choc, sous le coup d'une vive émotion. Ces heurts violents de traits et de fusées d'un récitatif dramatique avec des sections en accords brisés, ces harmonies torturées, ces reptations chromatiques, tout concours à accuser le climat pathétique de cette page. Cette intensité, ces chromatismes exacerbés ne peuvent pas être un jeu gratuit de la part d’un compositeur cherchant à étonner son auditoire. Il y a davantage. À y bien regarder, la Fantaisie est articulée selon les périodes de l’oraison funèbre, telles que la définissent les règles de la rhétorique dont Jean-Sébastien est imprégné. L’irruption, au cœur du discours, du choral « Ah, qu’elle est vaine, qu’elle est fugitive, la vie humaine ! » confirme l’hypothèse. Tout porte à croire que l’œuvre a été composée en 1720, sous le coup de la disparition brutale de Maria Barbara, la première femme du compositeur. La Fantaisie est bien cette déchirante déploration, après quoi la Fugue, d’abord mystérieuse, presque laborieuse, développe une formidable énergie pour progresser obstinément vers une reconquête de la maîtrise de soi sur la douleur.

Le Concerto italien et l’Ouverture à la française sont les deux morceaux dont Bach a constitué son deuxième Livre de clavecin. On sait qu’à compter de 1726, depuis peu à Leipzig, le musicien a commencé à publier des œuvres pour clavier qu’il destinait au public des amateurs et des connaisseurs, comme il le disait lui-même. En pleine maturité humaine et professionnelle, il veut faire connaître son talent. Achevé en 1731, le premier volume est composé des six Partitas 1. Quatre ans plus tard paraît un nouveau recueil, intitulé « Deuxième partie du Clavier Übung, se composant d’un Concerto dans le goût italien et d’une Ouverture à la française, pour un clavecin à deux claviers. Composé pour la récréation de l’esprit des amateurs par Johann Sebastian Bach, Maître de Chapelle du Prince de Saxe-Weissenfels et Directeur de la Musique de Leipzig. Edité chez Christoph Weigel Junior. »

Bach avait choisi d’ordonner ses Partitas de sa première Clavier Übung dans un ordre logique, une progression qui faisait attendre une dernière œuvre, en fa majeur. Cette œuvre, la voici enfin, avec le Concerto italien. Et pour lui faire pendant, une Ouverture à la française se développera dans la tonalité opposée à fa majeur, si mineur. Cohérence parfaite du projet et de sa réalisation. Après le style allemand des six Partitas, voici le goût italien (nach Italienischen Gusto) et la manière française (nach Französischer Art). Bach l’Européen, qui se nourrit à toutes les sources de l’art, et qui va bientôt réaliser cette synthèse unique de toutes les musiques de son temps et de celles du passé, en ce langage universel, immédiatement reconnaissable, mais sans que l’on puisse dire ce qui revient à telle ou telle influence, à tel ou tel style. Et combien il a compris l’esprit des autres Nations dont le concert réjouit l’Europe du baroque, avec le feu d’artifice de virtuosité digitale et la clarté de l’architecture formelle qu’il tient de l’Italie, dans le Concerto, l’admiration pour le décorum et la pompe versaillaise, le goût pour les rythmes de la danse, l’élégance parfois mélancolique de la France de Louis XV, dans l’Ouverture…

GILLES CANTAGREL

[1] Kenneth Weiss a enregistré les six Partitas pour Satirino, référence SR 011

Record  Sr061

Télécharger sur iTunes 

Concerto nach Italiœnischen Gusto (Clavier Übung II) BWV 971
1 - (sans titre) [4'30]
2 - Andante [4'56]
3 - Presto [3'57]

Chromatische Fantasie und Fuge BWV 903
4 - Fantasie [5'41]
5 - Fuge [6'02]

Ouverture nach Französischer Art (Clavier Übung II) BWV 831
6 - Ouverture [7'27]
7 - Courante [2'01]
8 - Gavotte 1 & 2 [3'29]
9 - Passepied 1 & 2 [2'38]
10 - Sarabande [2'56]
11 - Bourée 1 & 2 [2'18]
12 - Gigue [2'47]
13 - Echo [3'24]

Sonate in a-Moll nach der Sonata 1 in Jan Adam Reinkens "Hortus musicus" BWV 965
14 - Adagio - Fuga (Allegro) - Adagio - Presto [7'04]
15 - Allemande [2'05]
16 - Courante [1'48]
17 - Sarabande [1'36]
18 - Gigue [3'03]

Total time 67'51