1. Accueil
  2. Actualités
  3. Agenda
  4. Artistes
  5. Satirino records
  6. Contact
  7. English
  1. Accueil
  2. Actualités
  3. Agenda
  4. Artistes
  5. Satirino records
  6. Contact
  7. English

Satirino records · Scarlatti - Sonatas

Scarlatti - 27 Sonates

Kenneth Weiss, clavecin


Enregistré à
Auditorium Antonin Artaud de la Bibliothèque-Médiathèque d'Ivry-sur-Seine, Val de Marne, France, 20-22/12/2001
Ingénieur du son
Jiri Heger & Jean Chatauret
Direction artistique
Jiri Heger, Musica Numeris France
Montage
Etienne Collard & Jiri Heger, Musica Numeris France
Mastering
Digipro
Design
le monde est petit
Image
Owen Franken (Corbis Sygma)

Clavecin Anthony Sidey d'après un instrument Ruckers-Hemsch 1636-1763, fabriqué à Paris en 1988 par Anthony Sidey and Frédéric Bal. Accord 415 Hz Valotti par Anthony Sidey.

Cet enregistrement a bénéficié du soutien de The Orion Foundation

Revues de presse

'Kenneth Weiss …..  offre un programme varié, superbement interprété, aux tempi judicieux et enregistré avec clarté'
John Duarte, Gramophone
 
‘C’est de l’or pur, d’un fini mat, discret dans son éclat. Chaque sonate est un exemple d’équilibre impeccable et de subtile intelligence où la clarté ne fait pas obstacle à la sensibilité.’
Fanfare Magazine - Laura Rónai

Texte du livret 

A
Acciaccatura. Chez Scarlatti ce genre d'ornement était une spécialité, mais pas au sens où on l’entend généralement de note d’ornement « écrasée » précédant une autre note, par opposition à l’appogiatura plus longue et soutenue. Scarlatti l’employait à la basse lorsqu’il voulait l’enrichir de dissonances. Gasparini l’appelait le « mordant simultané ». En abaissant plusieurs touches à la fois, puis en relâchant les notes dissonantes on obtient un extraordinaire gain de puissance, le corps du clavecin s’emplit d’une véritable masse de son. De nos jours, les clavecinistes ne relâchent pas immédiatement les acciaccature, laissant ainsi durer l’exquise sensation de frottement harmonique (K.175 et K.490).

B
Burney (Charles Burney 1726-1814) fut l’un des premiers à reconnaître le génie de Scarlatti. Curieusement, dans son ouvrage A General History of Music, Domenico n’a pas droit au bref aperçu « sa vie, son œuvre » qu’il accorde à la plupart des compositeurs de son époque. Non pas qu’il le considérât comme un auteur mineur, bien au contraire : les « exercices » de Scarlatti semblent avoir été l’aune à laquelle Burney mesurait tous les autres instrumentistes. À ses yeux, un claveciniste digne de ce nom devait être capable de « jouer sans faille les exercices les plus ardus de Scarlatti ».

C
Clavicembalo, cembalo, clavicordio de plumas, clavicordio de piano - tous ces instruments sont associés avec Scarlatti, les deux derniers l’étant avec Bartolomeo Cristofori, l’inventeur présumé du piano. Une question demeure cependant : pour quel type d’instrument Scarlatti écrivait-il ? Charles Burney traita la question dans son ouvrage The Present State of Music in France and in Italy (1771) :

« Un clavecin qui lui fut offert par feue la Reine d’Espagne . . . dont la richesse de sonorité surpasse toutes les autres. Sur ces instruments de facture espagnole les notes naturelles sont noires, les dièses et les bémols étant recouverts de nacre ; ils sont conçus d’après le modèle italien, les parties en bois sont en cèdre, à l’exception de la table d’harmonie, le tout placé dans une caisse de protection ».

L’époque était à l’expérimentation. Maria Barbara ayant un jour exprimé le vœu d’un clavecin offrant une palette de sonorités plus riche, deux solutions furent proposées. La première, un instrument de type piano dont les cordes étaient frappées par des marteaux ; la seconde un clavecin préfigurant ceux du vingtième siècle, doté de pédales permettant de substituer les différents registres.

D
Domenico naquit à Naples en 1685 et mourut à Madrid en 1757. Sixième des dix enfants d’Alessandro Scarlatti, il ne fait aucun doute que son illustre père, surtout célèbre pour ses opéras, fut son premier mentor. Nous ne connaissons que peu de choses des professeurs qu’il eut par la suite, mais il semblerait que Bernardo Pasquini et Francesco Gasparini aient été du nombre. Incontestablement italien quant à sa sensibilité musicale, c’est néanmoins en Espagne, où il passa la dernière partie de sa vie, qu’il écrivit ses pièces les plus célèbres.

E
Essercizi per gravicembalo est le titre sous lequel le premier recueil de trente sonates parut à Londres en 1736. Il fut ensuite « piraté » par l’ami de Scarlatti, Thomas Roseingrave, qui le publia à nouveau en 1739 sous le titre français de Suites de Pièces pour le clavecin, avec une préface en anglais : « Je pense que par leur Délicatesse de Style et l’Excellence de leur Composition les pièces contenues ici méritent l’Attention des Curieux. » Il va sans dire que le terme « Exercices » est inapproprié, car les sonates, dont quelques unes parmi les plus célèbres figuraient dans ledit recueil, sont bien plus que de simples exercices (K.8 et K.27 sont incluses dans le présent enregistrement).

F
Fontes (Marquis de Fontes) ambassadeur du Portugal au Vatican. Scarlatti fit sa connaissance en juin 1714 lorsqu’il composa un Applauso genetliaco (une cantate) pour célébrer la naissance de l’Infante du Portugal. La rencontre de Domenico avec de Fontes joua un rôle déterminant dans la vie du compositeur qui, cinq ans plus tard, allait s’établir à Lisbonne et entrer à la chapelle patriarcale.

G
Giuseppe était le premier prénom de Domenico, mais il semble ne l’avoir jamais utilisé, la raison à cela étant peut-être qu’il avait un neveu du même nom. Quel genre d’homme était-il ? Nous ne possédons que peu de témoignages le concernant et devons nous contenter de quelques anecdotes dont la véracité reste sujette à caution. On raconte qu’il avait la passion du jeu. On dit également qu’il avait considérablement engraissé vers la fin de sa vie et n’était plus capable de croiser les mains au-dessus du clavier.

H
Haendel et Scarlatti. Outre qu’ils partagent la même année de naissance, les deux hommes sont liés par une célèbre anecdote. À en croire l’un des premiers biographes de Haendel, Mainwaring, auteur de Memoirs of the life of George Frederic Handel publiées en 1760, Scarlatti et Haendel se seraient livrés à un concours de virtuosité au clavier. À l’issue de la joute, qui eut lieu à Rome, Scarlatti fut proclamé meilleur claveciniste tandis que Haendel triomphait à l’orgue.

I
Italie. Domenico fut imprégné dès l’enfance par la musique de ce pays où il naquit et passa la première partie de sa vie avant d’aller s’établir sur la péninsule ibérique. Il sillonna abondamment l’Italie, séjournant notamment quatre mois à Florence en 1702, où Alessandro avait espéré trouver à se faire employer à la cour de Ferdinand de Médicis. À cette occasion il n’est pas impossible que Domenico ait été amené à découvrir les travaux de Bartolomeo Cristofori, le célèbre facteur florentin inventeur du pianoforte. Ferdinand de Médicis s’enorgueillissait de posséder ce qu’il pensait être le premier piano, appelé gravicembalo col piano e forte. Scarlatti s’installa à Rome en 1709, où il entra au service de la reine polonaise en exil Maria Casimira. En 1713, devenu maître de chapelle de la Basilique Giulia, il semble avoir partagé sa vie entre l’église et la cour. Il y retourna ensuite à plusieurs occasions et y fit la connaissance de Quantz et peut-être celle du célèbre chanteur Farinelli.

K
Kirkpatrick fut le premier a entreprendre un recensement sérieux des sonates de Domenico dans les années 1950. Il opta pour la classification par paire et par tonalité, procédure qui ne fit pas l’unanimité. Ralph Kirkpatrick (né en 1911, Leominster, Massachussets, USA) fut l’élève de Wanda Landowska, l’instigatrice du renouveau de l’art du clavecin au vingtième siècle. Parallèlement à sa carrière de claveciniste, Kirkpatrick entreprit l’écriture de l’une des monographies les plus importantes jamais consacrées à Scarlatti, intitulée Domenico Scarlatti, (Princeton et Londres), 1953.

L
Longo. C’est l’autre mode de classification des sonates de Scarlatti. Précurseur de Kirkpatrick, Alessandro Longo fut le tout premier à s’essayer à la compilation des sonates, dans les années 1910. C’est en grande partie grâce à ses travaux que des recueils de sonates pour piano virent le jour au vingtième siècle. Nombreux furent les pianistes de renom, comme Dino Lipatti, Horowitz ou Rubinstein, à inscrire Scarlatti à leur répertoire. Loin de reléguer ses sonates au rang de morceaux de rappel, ils les firent figurer en bonne place lors de concerts mémorables. D’une certaine façon, on peut dire que sa maîtrise du clavier a permis à Scarlatti de transcender les limites - et les qualités - de l’un et l’autre instrument. Un musicographe l’a décrit comme « le plus grand claveciniste de tous les temps, et le meilleur avocat du piano ».

M
Maria Barbara. Sans doute la plus importante de toutes les relations de Domenico, l’infante joua un rôle majeur quant à la composition des sonates pour clavecin. Lorsqu’il partit s’établir à Lisbonne, l’une de ses tâches consistait à enseigner la musique à la jeune Maria, fille particulièrement douée du roi Juan V. Scarlatti resta ensuite à son service jusqu’à la fin de sa vie, et c’est durant cette période qu’il composa ses sonates. Lorsque Maria épousa le prince Fernando, futur roi d’Espagne, en 1728, Domenico la suivit à Madrid et y demeura jusqu’à sa mort.

N
Naples est la ville natale de Domenico. À l’âge de quinze ans il y obtint la chaire de clavicembalista da camera à la Cappella Reale (la Chapelle Royale). Mais son père estimait que la vie musicale n’y était pas digne du talent de son fils le plus doué. Dans une célèbre lettre qu’il écrivit lorsqu’il était à Rome, il décrit son fils comme un « jeune aigle » et dit :

« J’ai dû me résoudre à lui faire quitter Naples, car bien qu’il y ait eu là-bas de la place pour son talent, son talent n’y était pas à sa place. J’ai dû également lui faire quitter Rome, car Rome ne fait que peu de cas de la musique, laquelle vit ici comme une mendiante. »

O
Ottoboni (Cardinal Pietro), illustre protecteur des artistes musiciens, fut l’une des figures les plus influentes de la vie de Scarlatti. Lors de son séjour à Rome, Domenico assista aux célèbres récitals de musique de chambre des Accademie Poetico-musicali que donnait le cardinal. Là-bas, il fit la connaissance de grands musiciens venus de toute l’Europe, comme Corelli et Haendel.

P
Pasquini (Bernardo Pasquini 1637-1710) fut l’un des compositeurs italiens de musique pour clavecin les plus importants entre Frescobaldi et Scarlatti. Il n’est pas impossible qu’il ait été le répétiteur de Scarlatti ; son influence sur Domenico est évidente. Bien qu’originaire de Lucca, Pasquini passa presque toute sa vie à Rome et il est difficilement concevable que les deux compositeurs ne s’y soient pas croisés à un moment ou un autre. Pasquini passait pour un virtuose du clavier. Bien qu’il n’écrivit jamais de sonates, ses Variations, Danses et Toccatas ouvrirent la voie aux brillantes inventions de Scarlatti.

R
Roseingrave (Thomas Roseingrave 1688-1766), Anglais contemporain de Scarlatti, il contribua dans une large mesure à l’engouement du public anglais pour le compositeur. Les deux hommes s’étaient rencontrés à Venise, à en croire Burney qui raconte une anecdote mémorable au sujet d’un concert donné chez un riche aristocrate :

« Un jeune homme à l’air grave, en habit et perruque noirs, qui se tenait dans un coin de la pièce et avait suivi en silence et avec beaucoup d’attention le récital de Roseingrave, fut invité à venir s’asseoir au clavecin. Lorsqu’il commença à jouer, Rosy dit, qu’il avait cru que mille d....s (démons) s’étaient emparés de l’instrument ; jamais auparavant il n’avait entendu une telle virtuosité, un tel déploiement d’inventivité . . . . Lorsqu’il demanda quel était le nom de cet extraordinaire musicien, il lui fut répondu Domenico Scarlatti, fils du célèbre Cavalier Alessandro Scarlatti. Roseingrave déclara plus tard n’avoir pas touché son clavecin pendant un mois après cette rencontre. Il se lia néanmoins d’amitié avec le jeune Scarlatti et le suivit à Rome, puis à Naples, et ne le quitta pour ainsi dire pas pendant tout le temps qu’il séjourna en Italie. »

S
Sonates. Les sonates de Scarlatti sont célèbres à plusieurs titres, l’un d’eux étant l’inventivité harmonique et la virtuosité d’exécution. L’harmonie était probablement le plus grand talent de Domenico, certainement plus que le contrepoint qu’il utilisa fort peu. Les suites harmoniques inattendues confèrent à ses sonates un côté imprévisible qui fascina les compositeurs des siècles suivants. Brahms lui-même, qui possédait un manuscrit de Scarlatti était fasciné par son travail, allant jusqu’à façonner certains passages de ses œuvres sur celles de Scarlatti. Les passages où le « vagabondage » harmonique est le plus frappant, sont ceux dont la résolution en suite d’accords improbables est imprévisible (K.212). Ceux-ci débutent généralement après la barre de reprise qui sépare les deux moitiés de la forme bipartite, ou après une pause inattendue (K.124). Egalement fréquents, quoique moins surprenants, citons les passages du mode majeur au mode mineur (K.181, K.444, K.531).
Chez Scarlatti les techniques de jeu sont très diversifiées. On trouve notamment les sauts d’octave exécutés mains croisées à un rythme effréné, (K.27) ; les sections en arpèges complexes (les arpèges d’octaves de K.460 sont particulièrement frappants) introduisant des trilles (K.124) : des octaves à la main gauche et à la main droite (K.200, K.519, K.545) ; inversions des mains et toutes sortes de figurations compliquées que le musicien doit maîtriser afin de donner l’illusion de la facilité d’exécution. Il avait également un style cantabile, parfois explicite dans les indications de tempo et d’humeur au début de la pièce, parfois dans la musique elle-même (K.8, K.213).
Cet enregistrement présente les sonates sous différents aspects, parfois sans la moindre reprise, et parfois avec une plutôt que deux reprises.

T
Toccata : forme de musique pour clavier ayant le plus influencé Scarlatti. Son père, à l’instar d’autres musiciens de son époque, conféra le titre de toccata à la majeurité des pièces pour clavecin qu’il publia jusqu’en 1716. La musique pour clavier d’Alessandro eut indéniablement une influence sur son fils. Car outre qu’il fut un célèbre compositeur d’opéra, il était reconnu par beaucoup comme le plus grand compositeur de toccatas du baroque italien tardif. De même que pour les Essercizi de Domenico, certaines œuvres de son père reçurent un titre à connotation didactique, telles que sa Toccata per studio di cembalo de 1716. La toccata étant le plus souvent une composition instrumentale comportant plusieurs sections sans structure fixe, il n’est pas impossible que son goût pour la forme ordonnée et rigoureuse ait poussé Scarlatti à adopter le titre de Sonate (de la locution « da sonare ») pour se démarquer de la Toccata, qui, bien que n’ayant au départ d’autre sens que pièce pour clavier, présentait une forme rhapsodique en plusieurs sections.

V
Venise semble avoir été la ville qu’Alessandro avait choisie comme tremplin pour la carrière de Domenico. En 1705 il y dépêcha son fils, en compagnie du célèbre castrat Nicolo Grimaldi, avec une lettre de recommandation à l’attention de Ferdinand de Medicis dans laquelle il expliquait les raisons de son choix : « Mon fils est un aigle dont les ailes ont poussé. Il ne saurait rester oisif au nid, et je ne saurais pour ma part empêcher son envol. »

'X'
était le signe qu’employait Scarlatti dans ses manuscrits pour désigner le dièse. Véritable maître de l’altération, il haussait ou abaissait les notes avec une subtilité comparable à celle des compositeurs romantiques un siècle et demi plus tard. Le musicologue Heinrich Schenker, grand admirateur des techniques harmoniques de Scarlatti, cite notamment ses notes de passage par degrés chromatiques, technique qui sera couramment utilisée dans la composition musicale du dix-neuvième siècle.

Z
Zampogne. Des accents de cornemuse imprègnent parfois, quoique brièvement, la musique de Scarlatti. Il n'en demeure pas moins un maître incontesté du point d'orgue, capable de tisser des nuances harmoniques comme bien des cornemuseurs rêveraient de pouvoir en tirer de leur instrument (K.235).

Richard Langham Smith

Traduction - Martine Céleste Desoille

Record  Sr021

Télécharger sur iTunes

Total CD = 71'23

1 - K.124 Sol majeur - 2'26
2 - K.235 Sol majeur - 2'17
3 - K.478 Ré majeur - 4'33
4 - K.444 ré mineur - 2'29
5 - K.466 fa mineur - 4'01
6 - K.519 fa mineur - 1'38
7 - K.18 ré mineur - 2'46
8 - K.64 ré mineur - 1'16
9 - K.490 Ré majeur - 5'03
10 - K.492 Ré majeur - 3'13
11 - K.27 si mineur 2'05
12 - K.450 sol mineur - 1'51
13 - K.8 sol mineur - 2'17
14 - K.200 Ut majeur - 2'10
15 - K.56 ut mineur - 2'08
16 - K.507 Mi bémol majeur - 3'30
17 - K.477 Sol majeur - 1'58
18 - K.460 Ut majeur - 3'36
19 - K.545 Si bémol majeur - 1'37
20 - K.213 ré mineur - 4'25
21 - K.396 ré mineur - 2'19
22 - K.265 la mineur - 2'21
23 - K.181 La majeur - 2'21
24 - K.212 La majeur - 2'09
25 - K.531 Mi majeur - 1'59
26 - K.175 la mineur - 2'20
27 - K.222 La majeur - 1'18